L’Europe et la mondialisation
« Europe et mondialisation » étaient au programme, jeudi soir, de la première conférence de la saison 1999-2000 de « La Liberté de l’esprit ». L’occasion pour Philippe Frémeaux, maître de conférences à Sciences Po Paris, et PDG de la revue « Alternatives économiques », de tordre le cou à quelques idées reçues. La France serait-elle paranoïaque ? Sur la question de la mondialisation, la réponse de Philippe Frémeaux est formelle : « Comme souvent quand il va mal, notre pays cherche des boucs émissaires. Attention à ne pas se tromper de cible ! ». Le ton est donné d’entrée : pas question de diaboliser la sacro-sainte mondialisation ! Néanmoins, en vertueux social-démocrate, Frémeaux prend immédiatement garde d’éviter les écueils néo-libéraux. Aussi lance-t-il, non sans adhésion sincère, un plaidoyer pour « une mondialisation civilisée, au service des hommes ». Dans sa démonstration, l’économiste estime que le monde ne va pas de mal en pis (« effondrement du totalitarisme communiste », « industrialisation de l’Asie »…), même s’il consent – en évoquant à la cantonade le Rwanda et Sebrenica – à en reconnaître les imperfections. Faut-il, pour autant, associer l’économie mondialisée à l’horreur économique et politique ? Philippe Frémeaux s’y refuse, car, dit-il, « elle correspond à une logique capitalistique de conquête de nouveaux marchés à l’échelle internationale ». Et l’universitaire, au passage, de tordre le cou à une idée reçue, alimentant « à droite comme à gauche, un fort courant national-républicain ». « La mondialisation est avant tout une affaire entre pays du Nord. Et dans la bataille que se livrent les Etats pour accueillir les investissements étrangers, la France se tire plutôt bien de la bataille planétaire ».
L’exception Nike
L’Hexagone se classe ainsi troisième pays d’accueil pour les investissements mondiaux. Avec des emplois à la clef. Les délocalisations vers le Sud constituent-elles donc l’exception ? « Oui, répond Frémeaux. Nike – qui fabrique ses produits à très bas prix en Indonésie – est un cas limité, aussi médiatisé soit-il. Les investisseurs recherchent avant tout des environnements sûrs, aussi bien politiquement que dans les domaines scientifiques et techniques ». Et l’économiste d’évoquer l’implantation de Toyota à Valenciennes. « La ville a été choisi en fonction de sa situation géographique, au coeur d’un espace de 50 millions d’habitants dans un rayon de 200 km, mais aussi – et c’est l’un des atouts français – en raison du coût de la main-d’oeuvre ». Dans la lutte que se livrent villes et Etats pour accueillir les investisseurs, la tentation du dumping social (et… fiscal) prend de l’importance. « Dans la négociation, les pouvoirs publics ont toutefois leur mot à dire », estime Frémeaux. « Le rapport de force a certes penché du côté des marchés, mais les Etats ne demeurent pas impuissants. Et ne doivent pas le demeurer ! ».
Philippe FRÉMEAUX
directeur de la rédaction d’Alternatives économiques.
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