Jean Moulin : le rebelle, le politique, le résistant

Soixante ans après sa mort, l’aura de Jean Moulin brille plus haut que jamais. La Liberté de l’Esprit, invitait jeudi soir au Chapeau-Rouge, l’historien Jean-Pierre Azéma à raconter l’histoire tragique de ce grand résistant, qui fut de 1930 à 1933, sous-préfet de Châteaulin.

Jean-Pierre Azéma refait le parcours de Jean Moulin : l’enfance confortable à Saint-Oriol, près de Béziers, le goût pour le dessin et les arts. Mobilisé en 1918, ce jeune provincial « sans éclat particulier » n’est guère touché par « la dimension tragique des événements ». Après la guerre, il entame une carrière préfectorale qui lui réussit à merveille. Bon vivant, il mène joyeuse vie, « aimant, nous dit Jean-Pierre Azéma, faire la fête ». En 1936, il entre au cabinet de Pierre Cot, qui deviendra son mentor politique. Il aidera secrètement les républicains espagnols durant la guerre civile. Jusqu’en 1940, celui qui est alors le plus jeune préfet de France, connaît une vie heureuse. Les années qui s’annoncent vont changer la donne. Révoqué par Vichy, Jean Moulin se fait faire une fausse carte d’identité et gagne Londres où il rencontre Charles De Gaulle. Le courant passe immédiatement entre les deux hommes. En 1942, le général le charge d’unifier les mouvements de résistance. En mai 1943, il met en place le CNR, Conseil national de la résistance qui réunit les forces politiques, syndicales anti-vichystes, anti-nazi et les mouvements de Résistance, aidé par Daniel Cordier, Georges Bideau qui lui succèdera.. Très vite, pour des raisons politique, il va se heurter à un autre grand résistant : Henri Frenay, chef du groupe Combat. « Moulin, dit encore Jean-Pierre Azéma, va payer très cher le fait de défendre son statut gaullien ».

La trahison

Abandonné par beaucoup, il tombe, le 21 juin 1943, dans la souricière de Calluire. Une ville proche de Lyon, fief du redoutable chef nazi Klaus Barbie. Ici, Jean-Pierre Azéma donné sa version de ce tragique événement : « il y eut un traître, Jean Multon (dit Lunel), un coupable, René Hardy, un responsable, Pierre de Bénouville ». Jean Moulin meurt « sans doute en Allemagne en 1944 ».

La longévité

Le conférencier revient ensuite sur « la mise en musique » de la vie de ce héros qui rassemble tous les Français et revient sur les cérémonies grandioses qui, en 1964, marquent l’entrée des cendres de Jean Moulin au Panthéon. Naturellement, il ne fait pas l’impasse sur l’inoubliable discours d’André Malraux (« Entre ici Jean Moulin »). Il démonte ensuite les thèses de Thierry Wolton qui font de Jean Moulin un agent soviétique.

Des questions

Les questions du public seront nombreuses et porteront sur l’ouverture des archives de l’ex- Union Soviétique, sur Henri Frenay et le groupe Combat. L’un des membres de ce mouvement est dans la salle, il a vécu les événements et fait entendre son histoire forcément différente !

Jean-Pierre AZÉMA

historien

La conférence

Hôtel Mercure Quimper

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21 Bis Avenue de la Gare
29000 Quimper

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