Le français dans tous les sens
Le français raconté comme une histoire, en prenant pour fil conducteur les seuls évènements qui ont eu un impact sur la langue : après le temps des Gaulois, l’importance de la conquête romaine, puis les invasions germaniques et l’intermède des Vikings, le temps des dialectes, celui du bon usage, suivi par celui de l’École, enfin le temps des médias et du langage « branché ».
Henriette Walter : « La langue française va bien »
Henriette Walter est une linguiste de renom à qui l’on doit notamment « L’aventure des langues en Occident » (1994), un best-seller qui s’est écoulé (sans compter les rééditions en poche), à quelque 120.000 exemplaires ! Elle était, jeudi, l’invitée de la Liberté de l’esprit et a répondu, peu avant sa conférence consacrée à l’histoire du français, aux questions du Télégramme.
Quel est aujourd’hui l’état du français, face à l’anglais tout particulièrement ? « La question est double. En France, tout le monde ou presque est obnubilé par l’envahissement de l’anglais. Mais on oublie de voir les cas où la langue française résiste. Prenons un exemple : il y a une dizaine d’années, le mot doping était couramment employé. On parle aujourd’hui de dopage. Sur le plan international, la place de notre langue est délicate. Dans des grandes institutions comme l’ONU, le français conserve son statut officiel mais les documents dans notre langue sortent bien souvent avec du retard par rapport à l’anglais. Globalement, la langue française va bien, car elle s’adapte au monde qui change. Mais il faut faire preuve de vigilance… » Le danger, pour le français, n’est-il pas de se figer dans un académisme ronronnant ? « L’Académie française est moins sectaire qu’elle ne l’était auparavant, même si des romanciers, particulièrement raides, refusent toujours l’arrivée de mots nouveaux, ceux qui sont anglo-saxons en tout premier lieu. Cet extrémisme ne mène à rien, car il n’existe pas de langue pure. La langue la plus impure qui existe est l’anglais. Germanique dans sa structure grammaticale, elle est majoritairement romane par son vocabulaire. Ce qui n’a pas nui à son développement, bien au contraire ! » Que pensez-vous de l’initiative toute récente de Bernard Pivot consistant à « sauver 100 mots de la langue française » ? « La démarche est intéressante. Mais ce n’est pas parce qu’un mot quitte un dictionnaire qu’il disparaît forcément de notre vocabulaire. Lors de la mise à jour des dictionnaires, des mots entrent. D’autres, fatalement, sortent. Mais quand un mot est chassé d’un dictionnaire, il n’y a de véritable enquête en amont. Ceux qui rédigent les dictionnaires se débarrassent de mots au feeling, sans véritablement se soucier de leur importance au sein de la communauté. D’un autre coté, s’il fallait conserver tous les termes de notre langue, les dictionnaires seraient beaucoup plus épais, moins faciles à utiliser et beaucoup plus coûteux ! ».
Henriette WALTER
Professeur émérite de linguistique à l’Université de Haute-Bretagne
Hôtel Mercure Quimper

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21 Bis Avenue de la Gare
29000 Quimper
L’invité d’Hubert Coudurier : Bernard Poignant
L’ancien maire de Quimper et conseiller de François Hollande Bernard Poignant était le 12 septembre 2019 l’invité d’Hubert Coudurier sur Tébéo. Il y défend notamment le bilan de l’ancien président de la république.
Héritiers de l’avenir : Bernard Poignant
Bernard Poignant revient dans cet entretien du 25 juin 2021 pour la Fondation Jean Jaurès sur son parcours politique.

