Le religieux aujourd’hui
» La modernité n’a pas effacé le religieux »
» On a cru pendant longtemps que la modernité impliquait l’effacement du religieux. Mais une étude sociologique sérieuse permet de réfuter ce credo simpliste. Si la sécularisation des sociétés modernes est un phénomène incontestable, on observe aussi l’apparition de nouveaux types de demandes religieuses liées à la nature même de cette modernité. »
Telle est la thèse développée vendredi soir au studio du Chapeau-Rouge devant 350 personnes par Danièle Hervieu-Léger, directuer de recherches au CNRS. Invitée par » La liberté de l’esprit « , la spécialiste en sociologie des religions a séduit son auditoire par la clarté de son explosé et la densité de ses observations.
La modernité
Résultat d’une longue trajectoire historique, la sécularisation marque une » nette rupture avec les sociétés religieuses traditionnelles « .
La rationalisation scientifique, » oeuvre d’un sujet autonome et doué de raison » , a progressivement fait reculer les explications de type théologiques des phénomènes naturels.
Par voie de conséquence, l’emprise du religieux sur la société s’est effacée et l’indifférence religieuse a gagné du terrain (en France, 10% de pratiquants réguliers). D’où la conclusion un peu rapide identifiant sécularisation et éviction du religieux.
Les mutations
Conclusion erronée, prétend Danièle Hervieu-Léger. » La modernité n’a pas évincé le religieux. Elle l’a transformé. La dynamique du progrès qui caractérise la culture moderne s’accompagne d’incertitude qui génère à nouveau du religieux mais recomposé et disséminé. »
Parmi les changements essentiels apparaît d’abord » La fin de la civilisation paroissiale « . Ce modèle de » quadrillage de l’espace et du temps par les institutions religieuses » a fait son temps. » Le monde de l’observance des rites a disparu. »
Autre aspect du changement : » Le bricolage des croyances « . Conséquence de l’éclatement des institutions. La croyance s’est personnalisée. » Chacun, à sa façon, puise dans le capital culturel religieux ce qui lui convient. Avant, la religion était perçue comme un carcan. Maintenant, elle apparaît comme un lieu de ressourcement selon les besoins et les libres choix de l’individu. »
Si l’univers religieux des sociétés traditionnelles a disparu, la sécularisation issue de la modernité n’a pas supprimé » la recherche du sens « . Et la religion constitue, dans ses formes nouvelles, » l’une des offres possibles. «
Danièle HERVIEU-LÉGER
sociologue
Hôtel Mercure Quimper

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