Y a-t-il une civilisation planétaire ?
C’est devant une salle archi-comble (600 personnes) que le philosophe Finkielkraut, professeur à Polytechnique, invité de la « Liberté de l’esprit » a donné conférence mardi soir, au Chapeau-Rouge. Le thème de cette soirée, particulièrement riche : « Y a-t-il une civilisation planétaire ? ». Pour Finkielkraut, la mondialisation existe belle et bien. Petits signes de l’ère planétaire : la météo mondiale donnée par CNN, mais aussi les génériques des journaux télévisés qui, avec quelques variantes, représentent toujours le globe. Chateaubriant La prophétie de Chateaubriant dans des « Mémoires d’outre-tombe » se réalise donc. La technique a matérialisé le rêve, nous sommes contemporains de tous nos contemporains. Et la télévision se révèle un plain-pied planétaire. Avec la mondialisation, est apparue l’émergeance d’une pluralité antagoniste (alors qu’avant le monde était bicéphale) ; les revendications et affirmations culturelles prennent plus de force. Or, Finkielkraut rappelait que le mépris des identités est dévastateur. Il est pour beaucoup dans le développement actuel des conflits. Esprit de clocher Le philosophe a exposé ensuite la théorie de Roger Harch sur les nouvelles catégories socio-professionnelles, revues par la mondialisation. Il les classe en trois groupes : les services de production courantes (la production de masse, les travailleurs routiniers), le service personnel (commerce, coiffeurs, kinés, chauffeurs…) et surtout le service des manipulateurs de symboles (chercheurs, avocats, metteurs en scène, journalistes, emplois créatifs…). Or, ces manipulateurs de symboles sont cosmopolites et de plus en plus à l’aise dans ce nouvel ordre qu’ils donnent. Ils sont sur leur bateau, vivent entre eux. Ces « élites » créent un particularisme, un « esprit de clocher » tout à fait redoutable selon Finkielkraut. Il évoquait l’Occupation : « On ne voit dans le régime de Vichy, non plus l’humiliation de la France, mais les droits de l’homme bafoués ». Cette mutation de la mémoire est le fait des manipulateurs de symboles. Et c’est là le grand risque : que ces cosmopolites se saisissent de la mémoire. Il peut aller de pair avec le communautarisme le plus terrifiant. « Une forme inédite et radicale de l’esprit de clocher ! ».
Alain FINKIELKRAUT
philosophe, écrivain et essayiste
Hôtel Mercure Quimper

Hôtel Mercure Quimper
21 Bis Avenue de la Gare
29000 Quimper
L’invité d’Hubert Coudurier : Bernard Poignant
L’ancien maire de Quimper et conseiller de François Hollande Bernard Poignant était le 12 septembre 2019 l’invité d’Hubert Coudurier sur Tébéo. Il y défend notamment le bilan de l’ancien président de la république.
Héritiers de l’avenir : Bernard Poignant
Bernard Poignant revient dans cet entretien du 25 juin 2021 pour la Fondation Jean Jaurès sur son parcours politique.

