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Raphaël Larrère

ingénieur agronome

re-Penser l’environnement

mardi 16 avril 2019 19h00

Les questions d’environnement s’imposent dans le débat public, mais peinent à s’inscrire dans les politiques publiques comme dans les comportements. Par faute d’accord sur le diagnostic (changement climatique, épuisement des ressources naturelles érosion de la biodiversité)… ou par manque de courage face aux défis des générations futures ? Faut-il changer de grille de lecture pour passer à l’action ?


Raphaël Larrère, ingénieur agronome, directeur de recherches à l’INRA, après avoir développé des recherches sur la dynamique des systèmes agraires (et donc sur la production historique des paysages ruraux), il s’est spécialisé dans l’étude des usages, des représentations, des conflits d’usages et des conflits d’images de la forêt, puis, plus généralement, de la nature. Depuis le début des années 1990, il a réorienté ses recherches sur l’histoire de la protection de la nature, de ses conceptions et de ses enjeux, ainsi que sur la construction sociale et la gestion des risques collectifs. Il s’est ainsi spécialisé dans l’éthique environnementale.

Il a présidé le conseil scientifique du parc national du Mercantour et a été membre des conseils scientifiques du Parc national de la Vanoise et de Parcs nationaux de France, et membre du Comité d’orientation, de recherche et de prospection de la Fédération des parcs naturels régionaux.


Les travaux de Raphaël Larrère -et de son épouse Catherine- cherchent à redéfinir les perceptions des questions d’environnement et interrogent notre conception même de la nature. Pour eux, les crises environnementales sont la preuve de l’irruption des faits naturels dans les questions sociales. L’environnement et le social s’inter-pénètrent, comme le montre le débat actuel sur les questions de justice, sociale ET écologique. Il faut donc les penser ensemble, loin des visions réductrices ou des oppositions dualistes : entre nature et culture, entre artificiel et naturel, entre sauvage et domestique, entre économie et écologie…

Avec Raphaël Larrère, nous essaierons de comprendre et répondre aux questions :

  • Sommes-nous vraiment d’accord sur l’état des lieux et le diagnostic de l’environnement (ici et ailleurs) ?
  • Comment expliquer la difficulté de passer à l’action -individuelle et collective- et plus encore à des politiques publiques, prises entre l’urgence et le long terme ?
  • Faut-il changer nos modes de vie (les petits pas) et/ou changer de système ?
  • Comment articuler ces multiples nivaux d’intervention et les échelles correspondantes (du local au global en passant par le national, européen…) ?
  • Quelles marges de manœuvre pour les consommateurs-citoyens et pour les décideurs ? Les politiques sont-ils vraiment indépendants ?


Raphaël LARRÈRE et son épouse Catherine LARRÈRE ont publié : "Penser et agir avec la nature. Une enquête philosophique" ( Poche - La découverte - juin 2018 )

Que signifie « protéger la nature » ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d’affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de « nature » ne va plus de soi. On a pris l’habitude d’aborder l’environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine.
Ces oppositions tranchées n’ont plus lieu d’être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l’artifice. On peut continuer à parler de « nature » et même en parler mieux, parce qu’il n’y a plus à choisir entre l’homme et la nature, mais plutôt à se soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l’on s’intéresse à la protection de l’environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu’il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l’équité entre les hommes ; et qu’il existe aussi des manières d’agir avec la nature et pas contre elle.




Messages

  • Re-penser l’environnement

    L’anthropocène exprime la différence entre ce qui est naturel et social. L’idée de l’anthropocène surgit en 2002 pour définir une nouvelle époque géologique . Anthropocène vient du grec antropos qui veut dire homme et de kainos qui veut dire récent . Les humains constitueraient donc une force géomotrice principale qui entraînerait des perturbations biochimiques et par voie de conséquence un changement climatique . La théorie de l’anthropocène emprunte diverses connaissances aux sciences de la terre et aux sciences humaines et sociales .

    En 1992,le philosophe Michel Serres rédige le " Contrat Naturel" pour affirmer de respecter la dialectique océano-terrestre . Cette dernière compose dans une certaine mesure avec les activités de l’homme . Cependant il ne faut point exercer sur la Nature un étouffement de ses forces sinon elles se traduisent par des réactions explosives comme les cyclones,les ouragans ou les tsunamis .

  • Re-Penser L’environnement

    Historiquement l’anthropocène commence depuis le néolithique,il y a 12000 ans .Des solutions curatives sont possibles à prendre au niveau local mais très difficiles au niveau global . L’anthropocène accentue considérablement ses effets au début de la révolution industrielle avec la machine à vapeur,l’extraction et l’exploitation du charbon . A partir de ce moment-là,on s’engage dans une logique irréversible du changement climatique . Le changement climatique est en cours et continuerait encore même si on arrêtait tout d’un coup aujourd’hui toute pollution .

    Les projets de géo-ingéniérie restent à l’état de rêves . On tente des manipulations techniques à grande échelle en vue d’inverser l’ordre des choses . Par exemple il a déjà été essayé de bloquer les rayons du soleil en injectant du soufre dans la stratosphère .
    Des initiatives prométhéennes démontrent bien la volonté de l’homme de dominer la terre par le biais des innovations techniques . La vanité de nos soi-disantes élites les pousse à considérer que la terre n’est qu’un gisement de ressources propres à satisfaire tous leurs appétits de prédateurs . Au contraire,il est nécessaire de mettre en place des techniques plus naturelles comme remplacer l’agriculture productiviste par l’agro-écologie .

    Une vision catastrophiste serait de remettre en cause le pouvoir technique . Dans cette hypothèse,on considérerait que nous avons définitivement détraqué le climat et que nous ne pouvons plus rien faire . Etant né en 1947,je me rappelle que l’année 1970 fut consacrée à la protection de l’environnement . De grandes affiches sur ce thème avaient été apposées dans tous les chefs-lieux départementaux et dans les villes assez importantes . Tous les problèmes environnementaux qui se posent aujourd’hui avaient été prévus il y a 49 ans . Depuis 1970 je m’aperçois que rien n’a pratiquement changé . Pendant un demi-siècle nous avons continué à être déraisonnables .

    Monsieur Descartes après avoir écrit le Discours de la Méthode a écrit le Traité des Passions . Les passions mènent le monde beaucoup plus que la raison . En toute connaissance de cause nous préparons l’apocalypse de 2100 ou 2150 . Jusqu’à présent chaque génération de responsables politiques ou de responsables des grandes entreprises dans tous les pays se moquent des dysfonctionnements océano-terrestres . Peu leur importe puisque ils seront morts avant . Personnellement contrairement à nos deux intervenants je pense que la vision catastrophiste est une vision réaliste au point où on en est aujourd’hui .

    Les sociétés occidentales de marché fondées sur l’extrêmisme néo-libéral encouragent la minimisation des coûts et la maximisation des profits . Dans ces conditions la protection de l’environnement passe à l’arrière-plan .



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