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Miguel Benasayag

philosophe et psychanalyste

Transhumanisme, l’humain augmenté ou diminué ?

vendredi 6 avril 2018 19h00

Que penser des projets transhumanistes ? Miguel Benasayag plaide pour une « singularité du vivant » et plus encore de l’espèce humaine, face aux technologies dominantes, dotée de pouvoirs parfois fantasmés.


Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste, anime le collectif « Malgré tout ». Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont :
- Cerveau augmenté, homme diminué, La Découverte, 2016.
- La singularité du vivant, Le Pommier, 2017.

Flyer conférence Benasayag

Avec Miguel Benasayag, nous ferons le point sur les potentialités mais aussi et surtout sur les limites des révolutions issues de la convergence des technologies (NBIC) : Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique (numérisation, robotisation) et sciences cognitives.

Que devient l’homme dans tout cela ? Entre espoirs et illusions ?
L’homme se réduirait-il à des molécules, des gènes ou des algorithmes... que l’on pourrait manipuler, modifier, réparer ou augmenter ?

Avec Miguel Benasayag nous essaierons de comprendre et répondre aux questions posées par le projet « transhumaniste », basé sur la modélisation du corps vivant, puis de l’esprit et pourquoi pas de l’ensemble de la société, devenue tributaire (ou esclave ?) de machines toutes puissantes qui le dépasseraient !

  • Au-delà des bénéfices évidents des technologies de plus en plus sophistiquées, quels sont les risques sur l’individu, comme sur le corps social ?
  • Notre cerveau est-il comparable à un ordinateur ?
  • Peut-on modéliser « le vivant » et repousser les limites de l’homme ?
  • Comment peut-on penser le progrès technologique, tout en préservant notre humanité ?
  • Quels sont les risques de sacraliser une technologie omniprésente et toute puissante ?

Cerveau augmenté, homme diminué par Miguel BENASAYAG
Le cerveau humain connaît, étudie, explique et comprend, au point qu’il en est arrivé à prendre comme objet d’étude… lui-même. Et les nouvelles connaissances sur le fonctionnement du cerveau ébranlent profondément nombre de croyances au fondement de la culture occidentale. Car les remarquables avancées des neurosciences rendent en effet désormais envisageable pour certains la perspective d’améliorer le cerveau et de supprimer ses faiblesses et ses « défauts » : le rêve d’un cerveau « parfait » semble à portée de la main.
Cette vision conduit à considérer notre cerveau comme un ordinateur qu’il s’agirait d’optimiser en l’améliorant par divers outils pharmacologiques ou informatiques. À partir d’une vulgarisation très pédagogique de recherches récentes souvent très « pointues » en neurosciences, Miguel Benasayag montre ici, de façon fort convaincante, pourquoi ce nouvel idéalisme du « cerveau augmenté » est en réalité une illusion dangereuse : le monde qu’entendent préparer les transhumanistes et certains scientifiques risque fort d’être surtout habité par la folie et la maladie…
Une thèse critique solidement argumentée, qui a commencé à faire son chemin dans le milieu des chercheurs les plus préoccupés par les apories et les failles de ce nouveau mythe du progrès.


Voir en ligne : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trans...




Messages

  • Dans un futur proche, le transfert de l’esprit d’un corps à un autre est devenu possible. Un père de famille dans le coma, se réveille dans le corps d’un policier qui lutte contre les « transferts » illégaux. En six épisodes vertigineux, ce thriller d’anticipation interroge les dérives du transhumanisme et de l’État policier. Les jeudis 16 et 23 novembre à 20h55.
    Live et replay.
    https://www.arte.tv/fr/videos/RC-015177/transferts/


  • Transhumanisme, à côté du bonheur

    Par Guillaume Von Der Weid, Philosophe — 30 octobre 2017


    Se focaliser sur l’augmentation des performances physiques et mentales, c’est oublier ce qui définit l’humanité. Par Guillaume Von Der Weid, philosophe.

    La technologie est arrivée à un point de bascule. Après avoir façonné des outils, des machines, des civilisations, des macro-systèmes interconnectés (énergie, transport, communication), elle veut façonner l’être humain lui-même. Ce qu’on appelle aujourd’hui le « transhumanisme » ne veut plus améliorer ce qui nous entoure, mais ce qui nous anime. Il postule que l’aboutissement naturel de l’intelligence humaine est de se transformer elle-même. Mais si les outils sont des moyens qu’on invente pour atteindre nos buts (se protéger, se nourrir, se reproduire, puis se divertir), dans quel but changer ces buts eux-mêmes ?


    Moyens techniques, fins humaines

    On doit donc commencer par distinguer entre les moyens et les buts de l’être humain, les moyens à transformer, les buts à atteindre. On aura d’un côté ce qui peut s’apparenter à des instruments : facultés mentales, organes, systèmes de transmission, longévité… Soit toute la mécanique physiologique qui fait du corps une machine au service de ce qui, d’un autre côté, irrigue nos buts ou du moins les critères de choix permettant de nous diriger : l’identité personnelle qui nous constitue, la morale qui nous relie aux autres et le bonheur, qui est le but des buts - y compris pour ceux, écrit ironiquement Pascal, « qui vont se pendre ». Or les nouvelles technologies permettraient d’améliorer, non pas notre identité, notre moralité ou notre bonheur (que seraient une meilleure identité, une meilleure moralité ou un meilleur bonheur ?), mais les moyens de les atteindre, comme l’endurance, la mémoire, l’intelligence ou l’espérance de vie. Aussi le transhumanisme ne serait-il rien de plus qu’un mécanisme, mais interne au corps : cœur artificiel, implants de mémoire, interface cerveau / IA, modification cellulaire de l’apoptose, etc.


    Plus fort ou plus heureux ?

    Le problème, c’est le mélange constant que fait le transhumanisme de ces deux dimensions hétérogènes des moyens et des fins. D’abord, comme en témoignent les deux figures inversées du « surhomme », le super-héros et le nazi, notre amélioration paraît moins une question de capacités que de moralité. On veut moins la puissance d’un superpouvoir que la bienveillance d’un super-héros, la force d’un être supérieur que la douceur d’un égal. Ensuite la performance physique ou mentale est-elle le meilleur moyen d’arriver au bonheur ? Tout comme l’argent qui achète plus facilement un piano que la virtuosité, elle ne donne accès qu’aux moyens, jamais aux fins elle-mêmes qui, comme le trésor au pied de l’arc-en-ciel, semblent s’éloigner de nous à mesure qu’on s’en rapproche. Le bonheur ne consiste-t-il pas au contraire à accepter notre rythme, notre identité, nos limites ? Ce qui serait sans doute aussi le meilleur moyen de prévenir les maladies par un mode de vie adapté à notre complexion, plutôt que d’avoir ensuite à les guérir. En quoi la philosophie joua longtemps le rôle de médecine de l’âme : en l’absence de traitements efficaces, la sagesse et la connaissance de soi étaient les meilleurs prescripteurs de modération pour ce qui dépendait de nous, et de consolation pour ce qui n’en dépendait pas. Par cette confusion des moyens et des fins que font ceux qui affirment que les robots vont nous dépasser à la manière du Golem, de Frankenstein, de HAL de 2001, l’odyssée de l’espace et d’autres créatures où nous projetons la pulsion de mort pour nous épargner la contradiction de la sentir si profondément mêlée à la vie, le tranhumanisme se trompe sur les uns et les autres. Les buts sont moins le bonheur que l’excellence morale, les moyens d’accroissement de notre puissance que l’acceptation de notre identité.


    La maladie de la maîtrise

    Cette erreur provient en réalité de l’idéal de maîtrise de nos sociétés où chaque dommage - même naturel ou inévitable - est perçu comme indu, scandaleux, répréhensible. Volonté de contrôle qui se manifeste dans une médecine considérée comme un service, la santé comme un droit et la gratuité comme un acquis. La maladie apparaît alors comme l’effet d’une injustice intolérable, et non comme la mésaventure d’une nature vulnérable. Or, aucune technologie ne pourra annuler cette vulnérabilité ; elle ne fait qu’en souligner l’inexorabilité.


    Que dire de pire à un·e malade que : « Sois fort·e » ? Car la maladie estl’épreuve de notre faiblesse et c’est cette épreuve qui est difficile à affronter, plus que la souffrance elle-même. La maladie, avant d’être un état physiologique, est toujours d’abord vécue comme une diminution de soi, à l’image de l’ultime diminution de la mort - à laquelle certains transhumanistes rêvent d’ailleurs de se soustraire en imaginant se dématérialiser par transfert de leur « identité » à un ordinateur… Toujours la même confusion du quantitatif et du qualitatif, qu’on retrouve dans la théorie de l’émergentisme selon laquelle une conscience pourrait émerger de la complexification des fonctions informatiques - non sans rappeler la théorie de la génération spontanée. Derrière le quantitatif : le rêve de maîtrise absolue et d’éternité. A cet égard, acharnement thérapeutique et demande d’euthanasie sont deux faces d’une même pièce : la volonté de contrôler son propre destin. Au contraire, l’essence du soin est de reconnaître ses limites. C’est pourquoi celui-ci est d’autant plus indispensable que la guérison est parfois impossible. Combien de maladies chroniques ? D’accidents invalidants ? De dégradations inéluctables dues à un vieillissement qui n’a pas vocation à être « guéri », mais dont on peut, dont on doit prendre soin ? Non qu’il faille renoncer aux innovations, mais plutôt à l’idée qu’elles changeront un jour notre nature. A l’inverse, l’idéal de maîtrise, de risque zéro, de santé garantie et de vie performante nous condamne à l’angoisse, et renvoie notre vulnérabilité et notre besoin d’amour au rang de maladie.


  • Ces milliardaires du Web qui veulent devenir immortels

    [01NET 20/11/2014]

    Les transhumanistes espèrent allonger leur espérance de vie grâce aux technologies émergentes. Mais certains souhaitent carrément transférer leur esprit dans un cerveau artificiel. La première étape pour accéder à la vie éternelle.


    Défier le temps qui passe, vivre éternellement. C’est le privilège des Dieux, et aussi le plus vieux rêve des hommes. Comme les pharaons, Staline et Mao Zedong envisageaient de se faire embaumer après leur dernier souffle afin que leur corps soit préservé. Aujourd’hui, c’est au tour des milliardaires du Web de tout mettre en œuvre pour accéder à l’immortalité. Mégalos ? Sûrement, mais, cette-fois le rêve semble pouvoir prendre un jour une forme de réalité, par la grâce des nouvelles technologies.

    Peter Thiel, le patron quadragénaire de Paypal, finance pour cette raison les recherches d’Aubrey de Grey, un biogérontologue qui tente d’allonger l’espérance de vie en régénérant les tissus cellulaires. De leur côté, les dirigeants de Google Larry Page et Sergueï Brin multiplient les projets de recherche sur la santé. L’un des derniers en date, Baseline Study, vise à exploiter les données médicales de centaines de volontaires pour déterminer les facteurs qui permettent de rester en bonne santé.


    Le projet Avatar 2045

    Leur point commun ? Ils sont tous transhumanistes, un courant de pensée qui a émergé en Californie dans les années 80, et qui voit dans les nouvelles technologies l’opportunité de changer la nature humaine. Certains d’entre eux pensent même pouvoir un jour devenir immortels en transférant leur esprit sur un ordinateur qui résistera à l’usure du temps.


    Doux délire ? Pas sûr si l’on en croit Theodore Berger, George Church ou encore Ed Boyden. Ces experts en neurobiologie et génétique soutiennent le projet Avatar 2045, dont l’ambition est de transférer un esprit humain dans un hologramme humanoïde d’ici 2045. Un programme financé par un autre magnat du Web, le jeune milliardaire russe Dmitri Itskov, âgé de 33 ans.

    L’une des étapes d’Avatar 2045 consistera à créer un cerveau artificiel, c’est-à-dire une machine capable de simuler l’activité de nos neurones. Ce n’est pas une idée folle. De nombreux pays planchent même très sérieusement sur la question depuis plusieurs années dont les Etats-Unis, le Japon et la Chine. Quant à l’Union européenne, elle a investi 1 milliard d’euros dans Human Brain Project, un projet visant à créer le premier cerveau numérique au monde. Son maître d’œuvre, le neurobiologiste Henry Markram, prévoit des résultats autour de 2023.


    A cet horizon, l’homme ne sera pas encore immortel. Mais la machine capable de recevoir le contenu de son cerveau pourrait déjà être au point. Restera alors à trouver le moyen de transférer les informations des neurones vers ce réceptacle numérique.


    Télécharger son esprit

    Pour cela, Ray Kurzweil a son idée. Ce brillant informaticien, expert en intelligence artificielle, ne se contente pas de travailler chez Google. Il est aussi l’un des théoriciens du transhumanisme. Dans son livre Humanité 2.0, il envisage de capturer l’ensemble de nos souvenirs et de nos compétences intellectuelles grâce à des nanorobots qui scanneraient l’intérieur de notre boîte crânienne et enverraient les données par Internet à un ordinateur. Un scénario envisageable, selon Kurzweil, à l’horizon 2030.

    Mais tout cela laisse sceptiques beaucoup de scientifiques. Comme le docteur Laurent Alexandre, auteur du livre « La mort de la mort » : « Ces recherches partent du principe que le cerveau humain fonctionne comme un ordinateur. Or cet organe ne cesse de se transformer en fonction de l’expérience et de l’apprentissage. Le copier sera infiniment plus complexe que certains le croient », nous avait-il confié fin 2013.

    Ces réticences, les transhumanistes anglo-saxons les balayent du revers de la main. Selon eux, au regard de l’avancée exponentielle des connaissances, la technologie sera au point vers 2050. Tout l’enjeu devient donc de rester vivant jusque-là !

    Le neurobiologiste Kenneth Hayworth se prépare sérieusement à cette échéance. A sa façon… Il envisage de ….se suicider avant 2045, afin de faire prélever son cerveau en plein force de l’âge ! Très prévoyant aussi, le chercheur Anders Sanberg, veut, lui, faire cryogéniser son corps à sa mort, comme dans le film Hibernatus. Mais il n’aura peut-être pas besoin d’aller jusque-là.

    Chaque mois, nous gagnons trois mois d’espérance de vie. « Nous avons déjà les moyens de vivre suffisamment longtemps pour vivre éternellement » répète inlassablement Ray Kurzweil……


    Amélie Charnay

  • Le transhumanisme vise à transformer l’homme,lui augmenter la force physique dans le travail manuel,augmenter ses capacités cérébrales dans le travail intellectuel . Les inventions techniques ou scientifiques le rendraient donc plus performants dans ses activités . Est ce que le transhumanisme nous assure de rester dans l’humanisme ? Ce serait possible si nous nous maintenions dans l’ascendance de la pensée de notre brillant intervenant .
    Nos économies nationales et continentales reviennent vers le libéralisme économique classique c’est à dire l’exploitation de l’homme par l’homme . Dans ce contexte de l’idolâtrie du marché le transhumanisme peut donc s’avérer être un grand danger pour l’être humain . C’est pourquoi une déontologie rigoureuse s’impose pour protéger la personne des risques de dégradation qu’elle encourt . Pour ma part je pense que le transhumanisme ne constitue pas la panacée qui transcendera l’humain .

  • Effondrement : "on est déjà dans un transhumanisme qui s’ignore"

    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/effondrement-on-est-deja-dans-un-transhumanisme-qui-signore

    On appelle cela le transhumanisme, le préfixe "trans" exprimant l’idée de changement, de traversée mais changement dans quel sens ? L’augmentation des performances du bien-être des humains au moyen de prothèses sophistiquées, de manipulation génétique, la quête de l’immortalité, laissent-t-il entrevoir l’effondrement ou le dépassement de l’être humain, tels que nous le connaissons ? Accessoirement, est-ce vraiment si neuf que les médias l’assurent ? Pour en débattre : Jacques Testart, ancien chercheur en biologie, père scientifique du bébé éprouvette français in vitro, également co-auteur avec la journaliste Agnès Rousseaux de l’ouvrage "Au péril de l’humain, les promesses suicidaires des transhumanistes" ; Daniela Cerqui Ducret, anthropologue à l’université de Lausanne (Suisse), qui observe depuis plusieurs années les modifications biotechnologiques touchant les êtres humains ; Marc Roux, chercheur et président de l’Association Française Transhumaniste : Technoprog, il est également co-auteur avec Didier Coeurnelle de "Technoprog, le transhumanisme au service du progrès social".
    L’IMMORTALITÉ SOUHAITÉE PAR LES TRANSHUMANISTES

    Transhumanisme : la notion n’est pas toujours clairement définie, mais on se risque à une définition sur le plateau. Il s’agit d’un mouvement de pensée qui prône l’utilisation des sciences et des techniques pour améliorer et augmenter les capacités de l’homme aussi bien sur le plan intellectuel, physique que psychologique. L’objectif est de se libérer de la souffrance, du handicap, de la maladie, du vieillissement et même de la mort. Mais pour Marc Roux, chercheur et président de l’Association Française Transhumaniste, Technoprog, la définition a évolué ces dernières années. Il faut ajouter "q"u’il est question aussi de se libérer de la souffrance involontaire"" et ""de même pour l’immortalité"



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