mercredi 08 juillet 2009
Liberté de l’esprit : le « salut » de Gilbert Gramoullé
L’adjoint à la culture Gilbert Gramoullé a tenu, dans une lettre ouverte, à saluer le travail effectué par l’association la Liberté de l’esprit, qui vient, par la voix de sa présidente, d’exprimer la nécessité d’une « interruption momentanée ».
« La mise en sommeil d’une association est toujours porteuse de tristesse, souligne-t-il, et pendant plus de 20 ans, la Liberté de l’esprit a animé l’espace public quimpérois par la qualité de ses intervenants, des exposés proposés et la tenue des débats. Les réflexions, les interrogations, les tentatives de réponses ont porté à un très haut niveau le désir de s’emparer de toutes les problématiques actuelles : politiques, sociales, économiques, éthiques, anthropologiques...
Plus que jamais le débat sur les grandes questions est nécessaire... La ville de Quimper espère que la mise en sommeil de la Liberté de l’esprit débouchera sur une renaissance. Sans doute faut-il inventer de nouvelles approches, de nouveaux thèmes, de nouvelles formes de débats publics ».
Liberté de l’esprit. La réunion des adieux
L’ambiance était plutôt morose, avant-hier, à l’assemblée générale de la Liberté de l’esprit. C’est confirmé : l’association ne proposera pas de programme en 2009-2010. Ce qui signifie, de fait, la fin de la structure, née il y a 20 ans.
Certains, pourtant, ne se résignent pas à la disparition de ce « réseau de sociabilité intellectuelle » qui a organisé, depuis 1989,136 conférences à Quimper. Membre fondateur et ancien trésorier de l’association, François Fougère estime « qu’il ne faut pas dissoudre la Liberté de l’esprit. Il faut se donner, au contraire, un temps de réflexion et travailler autrement. Je suis convaincu qu’il y a une place pour la Liberté dans la ville ». La voix manifestement marquée par l’émotion, François Fougère a proposé « une mise en sommeil d’un an » de la structure. Selon lui, cette période doit être mise à profit pour exploiter de nouvelles perspectives à l’horizon 2010-2011. « Seul une mise en réseau avec d’autres associations peut permettre à la Liberté de l’esprit de poursuivre sa route ».
Déficit financier
Quoi qu’il en soit, si suite il y a, elle se fera sans Ghislaine LeGall, la présidente, qui a décidé de jeter l’éponge. Avec 120entrées en moyenne par conférence (216 pour le philosophe Raphaël Enthoven mais seulement 79 en ce qui concerne l’économiste Guy Sorman), la Liberté de l’esprit ne parvient plus à rentrer dans ses frais. En 2008-2009, la part des recettes a été inférieure de près de 3.000 € à celle des dépenses. Celles et ceux qui croient en l’avenir de l’association ont décidé de se réunir le lundi 7septembre, à 18h à l’espace associatif. Pour ce qui apparaît comme le rendez-vous de la toute dernière chance.
* Gilles Carrière
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mercredi 1 juillet 2009
Edition : Quimper - Rubriques : Quimper Ville
La Liberté de l’Esprit mise en sommeil
Finies les conférences et débats sur les grandes questions qui agitent le monde. Les bénévoles jettent l’éponge.
Après sept années de présidence, Ghislaine Le Gall vient d’annoncer, avec l’accord de son bureau, la mise en sommeil de l’association La Liberté de l’Esprit. La tristesse était palpable dans la petite assemblée.
Parmi les membres présents, Rémi Mer était déçu de la tournure des événements. Venu vivre à Quimper, il s’est empressé cette année, de s’inscrire à l’association qu’il avait trouvée si dynamique et audacieuse quand il y était intervenu comme conférencier (« Le monde agricole et ses mutations » saison 98-99).
Lassitude des responsables
François Fougère qui faisait partie des premiers aventuriers de l’association était très ému : « Mettre La Liberté de l’Esprit en sommeil, c’est la mort certaine. » Il insiste, pense qu’elle peut vivre encore, que c’est un lieu de débat, important sur des thèmes chocs comme la bioéthique.
Mais il comprend la lassitude des responsables devant un bilan déficitaire, le désintérêt des institutions (une lettre adressée à l’adjoint à la culture, Gilbert Gramoullé, n’a pas eu de réponse), la baisse importante du public avec des assemblées de 120 personnes en moyenne. « Mais nous devons payer les intervenants même s’ils acceptent de l’être chichement sur le seul nom de la Liberté de l’esprit. »
Une situation devenue impossible à tenir après vingt ans et 136 conférences de haut niveau. Il reste le site internet très riche où l’on peut retrouver les dernières conférences et d’autres archives. La liberté de l’esprit est toujours là, en attente de nouvelles bonnes volontés et de nouvelles idées pour la revivifier. Site : la libertedelesprit.free.fr
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Courrier adressé à Monsieur Gilbert Gramoullé, adjoint au maire de Quimper chargé des affaires culturelles
L’ association "la Liberté de L ’Esprit" se réunira à l’espace associatif , à 19H pour son AG annuelle ; celle ci sera la 20ème et dernière de l’association.
Vous connaissez globalement les facteurs qui motivent cette décision ; ils sont de 2 types , et je vous les rappelle ici :
Il y a les facteurs endogènes, inhérents à toute association : tout d’abord , une certaine lassitude ; si je prends mon cas , je m’investis depuis 7 ans dans la programmation, et faire un programme à l’année est devenu une charge trop lourde, inviter des intellectuels de haut niveau , très sollicités ailleurs et à qui nous ne pouvons offrir qu’ un modeste défraiement de 450 euros n’est pas si facile !
Cette usure est aussi ressentie par d’autres membres de l’ équipe, et cela d’autant plus que le public, malgré la qualité des intervenants et des thèmes sélectionnés n’est pas toujours au rendez-vous !
C’est ainsi que nous arrivons au second type de facteurs qu’on pourrait qualifier d’exogènes : dans le contexte culturel actuel, très différent de celui d’il y a 20 ans, il est très difficile de se maintenir pour une association comme la nôtre : entre l’UTL et son système d’adhésions obligatoires qui attire de nombreux retraités soucieux de culture et de sociabilité et les offres culturelles gratuites comme celles de la médiathèque, le créneau est étroit, nos conférences, même si elles sont de grande qualité, sont devenues un luxe en ces temps de crise : le prix de revient d’une conférence est relativement élevé, de l’ordre de1500euros, le montant de notre subvention annuelle .
Si bien que même en maîtrisant au maximum les coûts de fonctionnement, le prix d’entrée de nos conférences peut décourager plus d’un auditeur, surtout la jeune génération qui a pleinement adopté les nouveaux codes culturels et qui ne remplacera pas notre public vieillissant .
Et pourtant, dans ce monde en crise qui est le nôtre, je reste persuadée que des associations comme la Liberté de L ’Esprit ont plus que jamais leur place dans la cité, avec un autre fonctionnement sans doute, moins de conférences, dans un espace moins grand que celui du Chapeau Rouge, davantage de coopération avec les autres acteurs culturels de la ville, comme le théatre qui souhaitait renouveler en 2010 l’expérience concluante de janvier 2009, ou la médiathèque , si elle avait été intéressée.
Cependant, nous avons pris la décision de nous arrêter.
Il reste à souhaiter que d’autres associations aient envie de relever le défi ambitieux qui a été le nôtre pendant 20ans, en organisant toutes ces conférences(136 au total) et qui peut se résumer en quelques mots : donner des clés pour mieux comprendre le monde complexe dans lequel nous vivons mais, avant tout, maintenir les consciences éveillées !
Bien à vous ,
Ghislaine Le Gall, Présidente de la Liberté de L ’Esprit
Liberté de l’esprit. C’est fini
La Liberté de l’esprit se réunira à l’espace associatif, lundi 29juin, à 19h, pour son assemblée générale annuelle. Celle-ci sera la 20e et dernière de l’association.
C’est désormais officiel : la Liberté de l’esprit va se saborder dans les prochains jours. Et ce, paradoxalement, dans la foulée de la cérémonie de son 20eanniversaire, fêté le 12mars dernier, à la salle du Chapeau-Rouge. Dans un courrier adressé, cette semaine, à Gilbert Gramoullé, adjoint à la culture à la municipalité de Quimper, la présidente de la Liberté de l’esprit, Ghislaine Le Gall, a exposé les raisons qui ont conduit à la dissolution de la structure née en 1989. « Il y a les facteurs endogènes, inhérents à toute association : tout d’abord, une certaine lassitude. Si je prends mon cas, je m’investis depuis sept ans dans la programmation, et faire un programme à l’année est devenu une charge trop lourde. Inviter des intellectuels de haut niveau, très sollicités ailleurs et à qui nous ne pouvons offrir qu’un modeste défraiement de 450€ n’est pas si facile ! Cette usure est aussi ressentie par d’autres membres de l’équipe et cela d’autant plus que le public, malgré la qualité des intervenants et des thèmes sélectionnés, n’est pas toujours au rendez-vous ! »
« Très difficile de se maintenir »
Ghislaine Le Gall estime que des « facteurs exogènes » ont également accéléré la fin de la Liberté de l’esprit. « Dans le contexte culturel actuel, très différent de celui d’il y a 20ans, il est très difficile de se maintenir pour une association comme la nôtre. Entre l’Université du temps libre et son système d’adhésions obligatoires qui attire de nombreux retraités soucieux de culture et de sociabilité et les offres culturelles gratuites comme celles de la médiathèque, le créneau est étroit. Nos conférences, même si elles sont de grande qualité, sont devenues un luxe en ces temps de crise. Le prix de revient d’une conférence est relativement élevé, de l’ordre de 1.500 €, le montant de notre subvention annuelle. Le prix d’entrée de nos conférences peut décourager plus d’un auditeur, surtout la jeune génération qui a pleinement adopté les nouveaux codes culturels et qui ne remplacera pas notre public vieillissant ». « Il reste à souhaiter que d’autres associations aient envie de relever le défi ambitieux qui a été le nôtre pendant 20 ans, en organisant toutes ces conférences (136 au total) et qui peut se résumer en quelques mots : donner des clés pour mieux comprendre le monde complexe dans lequel nous vivons mais, avant tout, maintenir les consciences éveillées ! »
Gilles Carrière











