Martine BARTHÉLÉMY |
La liberté de l'espritconférence n°83 |
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Associations, un nouvel âge de la participation |
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L’associatif face au politiqueLa conférence de Martine Barthélémy, directrice de recherche à la fondation nationale des sciences politiques, au Chapeau Rouge, samedi matin, devant 120 personnes, a été très appréciée par sa rigueur, son esprit de synthèse sur un sujet qui aurait dû rassembler un large public : " L’association et le politique ". L’intervention de Martine Barthélémy a débuté par un historique du mouvement associatif qui existe bien avant sa législation en 1901. L’État, qu’il soit monarchique ou révolutionnaire, a toujours souhaité garder la prérogative de son pouvoir, de son rôle central. Il considérait après 1789 que la liberté individuelle ne doit pas être aliénée par tel ou tel organisme et que les " associations " existantes à l’époque comme les corporations, les cercles ou les loges maçonniques par exemple, pouvaient contrecarrer l’intérêt national, c’est-à-dire celui du plus grand nombre. Mais des hommes vont se battre pour le droit de se regrouper, les sociétés politiques ou de secours vont se développer au XIXè siècle malgré la méfiance des républicains. La loi 1901 sera une des dernières lois fondamentales à être votée. Considérée comme une loi de circonstance, anticléricale, elle dépasse ce contexte et légalise les groupes issus de la société civile, fondées sur la liberté contractuelle. Si elle est assez souple à l’origine, elle se compliquera au fil des années avec bon nombre de réglementations. " Pas encore assez " soulignera au débat un personne dans le public en rappelant les abus de l’ARC et autres malversations du genre. Martine Barthélémy s’étendra ensuite sur les différents aspects des associations, leur place dans la société en précisant qu’il y a 800 000 associations plus ou moins actives en France (20 000 dans les années soixante), 40 à 45% des Français y adhèrent : cela représente 9 millions de bénévoles, 1,2 million de personnes employées soit 5% de l’emploi en France et le budget total est d’environ 300 milliards. Huit Français sur dix sont concernés d’une manière ou d’une autre par la vie associative. Ce qui confirme un autre volet du discours de la conférencière : le changement qui s’est opéré au fil des ans dans la fréquentation de ces associations. " Les valeurs montantes aujourd’hui sont l’argent, le marché et l’individu, les préoccupations des associations sont soit consuméristes, soit identitaires ". On est loin des valeurs d’autrefois fondées sur le militantisme et sur des clivages politiques : ce n’est pas forcément négatif et le bénévolat est devenu paradoxalement une valeur montante. Mais on retrouve dans les associations des inégalités, des exclusions qui sont le reflet de la société civile. L’association reste un lieu de pouvoir, un tremplin pour la vie politique. Par rapport à l’État, la situation a également été évoquée. L’association aspire à son indépendance, à sa liberté, mais elle a besoin de subsides qu’elle trouve dans le privé certes (avec le risque d’être sous la coupe de lobby par exemple), mais beaucoup plus dans les financements publics à tous les étages, avec dans ce cas, surtout sur le plan local, une dépendance redoutée, des moyens qui dépendent des politiques en place. " Il est toujours bon de diversifier les financements en imposant son autonomie : cela nécessite une transparence aussi bien du côté des pouvoirs publics que des associations ".
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