Simonne PENNEC

La liberté de l'esprit

conférence n°82

Jeudi 17 mai 2001

Le papy-boom

Les retraités vus par S. Pennec :

idées reçues et réalités

l’invitation de " La Liberté de l’esprit ", la sociologue Simone Pennec a longuement disséqué jeudi, salle du Chapeau-Rouge, le mond des retraités, balayant au passage nombre d’idées reçues sur une catégorie hétérogène mais loin d’être inactive.

Pas question, ici, d’évoquer la sempiternelle question du financement des retraites, champ de compétence des économistes. En sociologue, l’universitaire brestoise s’attache à comprendre qui sont les retraités. Et quels sont leurs modes de vie. Premier constat de Simone Pennec : il ne faut pas confondre retraite et vieillesse.

" Bien loin est l’époque où l’on assimilait la retraite à un " droit pour les morts ". On compte aujourd’hui des cinquantenaires en pleine force de l’âge, à la retraite ".

Avec l’allongement de l’espérance de vie, ceux-ci constituent pour la première fois dans notre histoire un groupe nombreux. Mais hétérogène. En terme d’âge - " de 50 ans à 120 ans ", souligne-t-elle -, comme de revenus.

" En interne, les inégalités sont encore plus fortes que chez les actifs, note en effet Simone Pennec. Les retraites pleines et actives profitent à ceux qui ont quitté le monde du travail à partir des années 70 ".

Plus loin, la sociologue écarte les craintes d’une " France ridée ", énoncée en son temps par le démographe Alfred Sauvy. " Les retraités vivent certes de plus en plus longtemps mais aussi de mieux en mieux d’un point de vue physiologique. C’est ainsi que l’espérance de vie sans handicap s’accroît plus rapidement que l’espérance de vie tout court ".
 

Retraites " mosaïques "

Autre aspect évoqué par la sociologue, la façon dont est vécue la retraite selon les catégories sociales. " Pour l’ancien employé, il s’agit de " jouir de la vie ", chez l’ancien cadre, de rechercher à prolonger la distinction sociale : l’ancien directeur devient ainsi président d’association … " Le retraité, inactif ? Loin s’en faut.

En conclusion, Simone Pennec n’oublie pas de mettre en garde contre un " socle de croyances " fort répandu dans l’opinion.

" Il y a consensus parmi les Français pour le départ à la retraite à 55 ans. Il s’agit d’un rêve, d’un fantasme, d’un raisonnement fallacieux … C’est en France que l’on quitte le plus tôt le monde du travail. Et qu’on y entre le plus tard. " Il faut partir pour laisser la place aux jeunes ", entend-on ici et là. Ce discours n’a pas profité aux jeunes générations mais aux chefs d’entreprises qui en ont profité pour rajeunir leurs effectifs sans pour autant embaucher ".

Gilles CARRIÈRE,

 
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