Jean-Jacques SALOMON |
La liberté de l'espritconférence n°80 |
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La science, jusqu'où ? |
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Le principe de précaution de J.-J. Salomon.Faut-il craindre le progrès scientifique ? Invité jeudi soir de la Liberté de l’Esprit, le professeur Jean-Jacques Salomon a brillamment plaidé pour une maîtrise du changement technique sous la tutelle du régulateur politique. La science : jusqu’où ? Un fascinant et inquiétant sujet propre à susciter mille et une interrogations. " Auparavant, la question ne se serait pas posée, ou du moins pas sous cette forme, souligne d’emblée Jean-Jacques Salomon. Le positivisme du XIXè siècle associait en effet progrès moral et progrès matériel. En cas de pépin, on s’en prenait uniquement à la technique, pas au scientifique ". Dans la foulée, l’auteur de " Survivre à la science " confronte le passé et le présent. " L’écart entre d’un côté la technique, de l’autre l’organisation sociale, politique et morale des nations ne cesse de croître. En résumé, la science a perdu son innocence. " Elle a commis le péché " pour reprendre l’expression d’Oppenheimer, à propos de la physique ". Pour éviter tout malentendu, Salomon ne manque toutefois pas de rappeler que " le progrès vaut mieux que l’ignorance ". " Cette préférence n’exclut pas de s’interroger sur les dérives et menaces dont la science est le théâtre ", poursuit-il. Et le conférencier de dérouler un inquiétant inventaire à la Prévert : vache folle, poulet à la dioxyne, gestion des déchets nucléaires ...
" Chacun de ces problèmes ouvre un débat qui ne se limite pas à son contenu scientirfique. Car la problématique est également d’ordre politique ".
Le principe de précaution Et l’avenir dans tout ça ? Forcément incertain. " La frontière entre le vivant et la machine va-t-elle disparaître ? ", s’interroge Salomon. Par là même se pose la question de la maîtrise. " En refusant des transiger sur les valeurs humaines fondamentales, nous pourrons faire face à ces mutations ", estime-t-il quand même. Un élément de taille pour affronter l’avenir : le principe de précaution. " En démocratie, une régulation s’impose, fut-ce au détriment de l’institution scientifique. Il ne s’agit, en fin de compte, qu’un retour au fameux principe de prudence d’Aristote qui assimile le prudent au valeureux ". La sécurité néanmoins est relative. " L’application de la science à la gestion des affaires humaines peut conduire à l’horreur (collusion entre IBM et l’Allemagne nazie). Il faut donc se familiariser avec la culture du risque ". Pour affronter ces risques, Jean-Jacques Salomon refuse quelque gouvernement des experts que ce soit. " Seul le pouvoir politique doit trancher. Quitte à trancher contre les experts ! ". Autre piste pour éviter toute dérive : " le nécessaire rapprochement entre les cultures littéraires et scientifiques ". Un chantier décidément bien vaste ! Gilles CARRIÈRE, |
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