Jean-François KAHN |
La liberté de l'espritconférence n°78 |
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Les media et la désinformation |
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Le conférencier a fait chauffer la salle de 700 personnesJean-François Kahn, l’iconoclasteJean-François Kahn, l’invité de la Liberté de l’esprit mardi soir, était à la mesure de ce que le public attendait : iconoclaste et plein de fougue pour s’attaquer aux déviances du " quatrième pouvoir " : les médias. Succès garanti d’avance pour Jean-François Kahn puisque le thème de sa conférence c’était " Médias et désinformation ". Programme alléchant qui attire les foules. 700 personnes étaient présentes qui ont tout de suite frémi en entendant parler du " formidable corporatisme journalistique qui refuse de se remettre en cause quand il s’est laissé intoxiqué ". Résultat pour lui, le lecteur applaudit tous ceux qui font le procès des journalistes : " Les Chiens de garde ", " L’Omerta française ", " L’Emprise ", autant de succès de librairie passés sous silence dans les médias. " Pourtant c’est un discours démago et dangereux qui peut remettre en cause la démocratie. " Mais Jean-François Kahn défend quand même une profession qu’il connaît bien puisqu’il est lui-même enfant du sérail : " La presse est le véhicule idéal de la désinformation, de l’intoxication … Mais le journaliste doit aller vite, il n’a pas le temps de vérifier les informations. " Il a fustigé également la pensée unique, le manque de pluralisme, le terrorisme intellectuel. Mais s’il reconnaissait que les journalistes n’ont jamais été aussi libres, il rappelait au passage que beaucoup étaient d’anciens de 68 : " Ils ont tous une même culture de référence, un même cursus et ils ont vu s’effondrer leurs illusions. Maintenant, ils sont néo-libéralistes avec le zèle en plus. La nouvelle vulgate est pour la réduction des salaires mais aussi pour le Pacs. " Jean-François Kahn a regretté le manque de pluralisme (sauf dans le Finistère qui possède deux journaux concurrents !) et la centralisation de la presse nationale, ce qui n’est pas le cas en Allemagne, en Italie ou aux Etats-Unis : " Cinq journalistes font l’opinion. Il y a un consensus entre eux. Ils se réunissent ensemble. Ils avaient décidé d’avoir " la peau d’Édith Cresson ", sa mise à mort était programmée. " Le débat qui a suivi l’a amené à prendre position sur sa fonction de journaliste pendant la guerre d’Algérie où, comme d’autres, il a vu et s’est tu : " Je ne voulais pas, en publiant ça, ranimer le climat de guerre civile. Il fallait que les passions s’apaisent. " Dans la salle, une personne regrette que l’on parle pas des tortures du FLN : " il faut tout reconnaître, mais je suis comptable de ce que l’on fait au nom de mes valeurs, de mon pays, de mes principes. Je suis donc plus intransigeant et plus implacable pour ce qui est fait en mon nom ! ".
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