Jean-Noël JEANNENEY |
La liberté de l'espritconférence n°76 |
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L'État et le marché |
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L’État face au triomphe du marchéJean-Noël Jeanneney était jeudi soir l’invité de la Liberté de l’esprit pour animer une réflexion sur le rôle de l’État face au triomphe du marché. Il a défendu un État moderne adapté à notre période. Jean-Noël Jeanneney est historien, ancien président de Radio-France, ancien secrétaire d’État au Commerce extérieur puis à la communication, professeur à Sciences Po. La liste de ses attributions passées et présentes est longue … Il était invité à la Liberté de l’esprit à l’initiative de la préfecture, à l’occasion des 200 ans de la création du corps préfectoral (créé sous Napoléon 1er, le 28 pluviôse de l’an VIII). Il invoqua pour étayer son propos les mânes de Saint-Simon, Clémenceau et Joseph Caillaux, rien de moins, sans oublier De Gaulle, Adam Smith, et bien d’autres dont il cita abondamment des extraits de leurs discours respectifs. Ce sont plutôt de grandes idées très générales qui furent abordées ce soir-là. Ainsi comment l’État peut-il se comporter en face des initiatives qui se développent ? Trois idées paralyseraient beaucoup d’initiatives : l’effet pervers (l’idée qu’on n’atteint jamais ce que l’on veut atteindre), l’effet d’inanité (on a beau essayer de changer, on ne change rien) et l’effet de mise en péril (vous allez contribuer à démolir ce qu’il y a de bon déjà).
Jean-Noël Jeanneney, par contre, appelle de ses vœux un État qui soit " un instrument fécond au service de l’intérêt général ", qui soit cet élément régulateur dans la montée en puissance du marché qui est source de profit, de modernisme et de progrès mais aussi cause d’inégalités. Et c’est là que l’État a son rôle à jouer : " L’État est responsable à long terme alors que le marché par nature tend vers la myopie ", citant comme exemple un domaine comme l’environnement (" Nous avons des comptes à rendre aux générations suivantes ") mais aussi les caisses de retraite, la santé, les transports, l’école et un autre domaine qui lui est familier, la communication : " L’État doit se mêler des médias, non seulement en shérif mais aussi en intervenant dans des domaines qui échappent à la loi du profit. " D’où la création de Arte par exemple.
Affaires Il n’évita pas totalement la question de l’État compromis dans les affaires. Dans le public, certains le lui rappelèrent lors d’un débat très court et très peu animé : " Tout le monde a triché jusqu’en 1990, même le public faisait semblant de croire que l’on pouvait faire fonctionner les partis sans argent. Depuis de bonnes lois ont été promulguées en 1990 et 1995, sous Rocard et Balladur. " Il préconise quant à lui l’amnistie dans l’intérêt de la collectivité : " Si non on va continuer à vivre dans cette pourriture . Il ajouta " Le chef de l’État doit avoir suffisamment de sérinité pour s’occuper des affaires internationales ", d’où son immunité. Il conclut sur la nécessité pour l’Europe de préserver sa différence face aux États nations et leurs spécificités et non pas sur les régions comme le préconisait un auditeur.
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