Sylviane AGACINSKY |
La liberté de l'espritconférence n°75 |
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Pour une parité culturelle : |
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La pensée de la mixitéUne salle du Chapeau-Rouge pleine comme un œuf (600 personnes) pour accueillir jeudi soir l’épouse de Lionel Jospin, la philosophe Sylviane Agacinski, venue plaider la cause de la parité hommes-femmes en politique à l’invitation de " La Liberté de l’esprit ". Un discours parfois ardu, mais toujours passionnant dans le fond.
" Nous vivons dans une République masculine ! " D’emblée, Sylviane Agacinski entre dans le vif du sujet. Et puise une partie de son argumentation dans le discours des " anti-paritaristes ". " Au titre de l’être humain universel, ceux-ci considèrent que la Nation n’a pas à faire la distinction entre hommes et femmes ". Pour la philosophe, cette conception de la citoyenneté abstraite est un mythe. " Les femmes sont tout sauf une particularité. L’humanité est l’homme plus la femme et non pas ni l’homme ni la femme ". A savoir un " universel concret ", en totale opposition avec l’ " universel abstrait " des anti-paritaristes.
La moitié de l’humanité Sylviane Agacinski s’en prend ensuite à la " tradition androcentrique ", " une théorie considérant la forme masculine comme le modèle général ". Et l’épouse du Premier ministre de déplorer que les femmes aient intériorisé ce schéma. " Elles ont traduit dans un chêne hiérarchique ce qui n’était qu’une différence. Or, nous sommes la moitié de l’humanité au même titre que les hommes ! " Pour sortir de cette logique androcentrique, Sylviane Agacinski estime urgent de définir le genre humain comme mixte. " Il faut penser l’hétérogénéité du genre humain ". Plus loin, la philosophe tend à s’effacer derrière la femme politique quand elle évoque les ravages du culte androcentrique dans le champ linguistique et grammatical. C’est ainsi que Sylviane Agacinski titille habilement les académicien Druon et Fumaroli qui persistent à bannir le terme " Madame la ministre " tout en acceptant les acceptation " Madame la charcutière ou la boulangère ". Sans vouloir jeter l’anathème sur la vénérable institution, la philosophe estime que l’Académie française était moins conservatrice à une époque où le mot aviatrice a été adopté sans le moindre souci. " Les blocages actuels sont la survivance d’un temps révolu, dans lequel les hommes monopolisaient les postes à fontion " analyse l’auteur de " Politique des sexes ". Mme Agacinski a terminé son discours par un bref rappel sur le contenu de la réforme institutionnelle instituant la parité hommes-femmes.
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