Denis CLERC |
La liberté de l'espritconférence n°66 |
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L'enjeu des 35 heures |
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L’économiste ne croit pas à la destruction du travailEmploi : Denis Clerc plutôt optimisteAnnoncée comme une conférence consacrée aux 35 heures, l’intervention de Denis Clerc, jeudi dans le cadre des soirées de la Liberté de l’esprit, n’a pas tenu ses promesses. Et c’est tant mieux. Car l’économiste élargit le débat et livre une réflexion globale sur le travail. Une réflexion relativement optimiste.
On s’attend à un débat sur la réduction du temps de travail. Et on découvre avec plaisir une réflexion globale sur l’avenir du travail en France. C’est la surprise réservée par Denis Clerc jeudi soir aux participants à la conférence organisée par la Liberté de l’esprit. L’homme a une formation d’économiste. Et en première partie de soirée, il a offert une démonstration magistrale. Méthodiquement, il démonte la pensée de ceux qui prévoient la fin du travail. " Ils se fondent sur les changements technologiques et les gains de productivité induits pour annoncer cette issue. Je ne suis pas d’accord avec cette analyse. Le progrès technique n’est pas en soi destructeur d’emploi ", assure Denis Clerc.
" On ne va pas attendre 2020 L’économiste explique sa théorie. Les gains de productivité entraînent les suppressions d’emplois. Mais le pouvoir d’achat supplémentaire dégagé (dans l’hypothèse, contestée par certains, où les bénéfices augmentés profitent aussi aux salariés) va provoquer une demande nouvelle, surtout au niveau des services et des loisirs. " On a pu dire que les stations de ski ont profité des gains de productivité. " De nouveaux emplois sont donc crées. " Attention, ceux qui ont perdu leur emploi ne sont pas obligatoirement ceux qui vont bénéficier de ces créations. Il y a des perdants. " Si ce n’est pas le progrès technique qui provoque le chômage, d’où vient ce qui apparaît alors comme une fatalité ? Denis Clerc ausculte la France depuis 1973. Il livre son pronostic : effet retard de la modernisation, explosion de la population active, effet du baby boom, retour des femmes au travail. " Notre situation est donc provoquée par une conjoncture particulière. Mais ce qui est fait n’est plus à faire ... " C’est-à-dire que les années passant, la situation devrait s’améliorer " naturellement ". Avec, par exemple, le départ en retraite de générations les plus nombreuses. Denis Clerc ne se satisfait pas de cette perspective plutôt rassurante (qui élude les effets de la mondialisation de l’économie). " Qu’est-ce qu’on peut faire ? On ne va pas attendre tranquillement 2020 ? " L’économiste livre des recettes. Classiques : croissance économique, création d’entreprises et … réduction du temps de travail. " A ce sujet, je suis plutôt optimiste. Même si ce ne sera pas aussi créateur d’emploi que certains l’affirment. " Denis Clerc évoque aussi les difficultés rencontrées par ceux qui, de toute évidence, auront du mal à retrouver un emploi. " Dans ce cas, la solidarité s’imposera. " Durant le débat, l’économiste a tombé la veste. Car Denis Clerc est aussi un patron (PDG fondateur du mensuel Alternatives économiques). Et là, il a répondu aux interrogations sur les 35 heures. Point de vue pragmatique d’un acteur de la vie économique. " Il faut faire des compromis de part et d’autre. Mais attention à la flexibilité extrême qui dégraderait les conditions de travail des salariés de façon inacceptable. " Au passage, le chef d’entreprise égratigne ses collègues : " Le patronat français est en retard d’une guerre. Entre le knout et la négociation, il faut choisir. " Jean-Pierre LE CARROU, |
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