Rémi MER |
La liberté de l'espritconférence n°65 |
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Le monde agricole et ses mutations |
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Agriculture et société : un lien indispensableQuel type de communication veut-on installer entre l’agriculture et la société ? Quelles sont les relations objectives et subjectives entre les agriculteurs et les autres composantes de la société ? Ce sont les questions auxquelles Rémi Mer a tenté de répondre, jeudi soir, à la salle du Chapeau-Rouge dans le cadre des conférences animées par l’association " La liberté de l’Esprit ". La réflexion de l’ingénieur agronome (par ailleurs responsable de la communication à la Chambre d’agriculture de Loire-Atlantique) fera l’objet d’un ouvrage " Le paradoxe paysan " à paraître le mois prochain aux éditions l’Harmattan.
Rémi Mer a tout d’abord rappelé les évolutions fondamentales du monde agricole au cours des trente dernières années. " Le livre de Henri Madras, ‘La fin des paysans’, en 1967 avait choqué en son temps. Il apparaît aujourd’hui prophétique ". Les marchés autrefois très localisés se sont internationalisés (" Ils sont désormais à l’échelle du territoire monde ") : l’urbanisation a gagné du terrain (" la société urbaine se pose beaucoup de question sur l’agriculture qu’elle ne connaît pas ") ; les services ont effacé le primaire à un tel point que " la vision de l’agriculture est devenue virtuelle ". Par ailleurs, le monde agricole est désormais éclaté. " Il y a des zone rurales d’exclusion au même titre que les banlieues ", a souligné Rémi Mer.
Une " mise à distance " En quelques décennies, l’agriculture a basculé dans la modernité. L’opinion lui reproche aujourd’hui cette évolution très rapide associant à tort ou à raison agriculture et nitrates, algues vertes ou maladie de la " vache folle ". A la peur de ne pas manger - très récente (n’y avait-il pas après guerre un ministère de l’agriculture et du ravitaillement) s’est substitué la peur de manger. Une " mise à distance " (à défaut d’une rupture entre l’agriculture et la société s’est instituée. Le consommateur s’interroge. Qui est au bout de la chaîne ? Qu’est-ce qui est naturel, artificiel ? " Les sondages l’attestent, dans l’échelle des appréhensions humaines, l’agriculture dépasse le nucléaire ", raconte Rémi Mer.
Selon lui, ces questions laissent place à l’initiative : " Le débat n’est pas simple. Certes, l’agriculture ne cherche pas à se cacher, mais elle n’est plus transparente pour le commun des mortels y compris dans le Finistère ". Trois scénarios sont possibles : le conflit, l’immobilisme ou la " médiation-communication ".
Trois scénarios possibles " Les deux premières stratégies conduiraient à l’impasse ", a expliqué l’ingénieur-agronome. " Outre le conflit, la politique de l’autruche porte en elle un conflit latent qui finirait par éclater. Ce n’est pas souhaitable ". Seule la communication paraît viable. " Un lien entre catégories sociales est indispensable au fonctionnement harmonieux d’une communauté d’individus. Une société n’a aucun intérêt de se couper de ses jeunes, de ses vieux, de ses agriculteurs et vice-versa ". A quel prix peut-on maintenir la cohésion entre les agriculteurs et la société ? la question est hélas restée en suspens. A l’issue de la conférence, plutôt décevante (trop de généralités ressassées, débit trop élevé), Rémi Mer s’est avoué " inquiet " : " L’opinion a une bonne image de l’agriculture mais elle est dûe à des méconnaissance. Les agriculteurs ont tout intérêt à mieux communiquer ".
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