Franz-Olivier GIESBERT

La liberté de l'esprit

conférence n°60

1998

La presse face au multimédia

Le rendez-vous manqué

Parisien, si parisien ! Franz-Oliver Giesbert n’a pas convaincu son public mardi soir, salle du Chapeau Rouge. Trop dilettante, trop enfonceur de portes ouvertes et surtout hors sujet. Le thème prévu, la presse écrite et le multimédia, est purement et simplement passé à la trappe : ce qui n’a pas du tout, mais du tout, été du goût de l’auditoire.

Bien sûr, il vient de terminer un livre. A-t-il imaginé qu’il était invité pour en parler ? Oui, sans doute car vivement interpellé par la salle lors du débat, le journaliste a admis n’avoir pris connaissance du thème proposé qu’en arrivant à Quimper. Une erreur d’aiguillage de sa secrétaire … Un peu court comme explication a jugé le public qui n’a pu se mettre sous la dent suffisamment de matière pour sa réflexion.

" Quimper, ville aux 17 librairies et 17 cinémas ", soulignait l’intervenant doit " être bonne à vivre ". Certes, mais pour être cité provinciale, elle n’en est pas pour autant totalement coupée du monde et le public des conférences de la Liberté de l’Esprit est un public averti, habitué à ferrailler sur des questions de société, de philosophie, de sciences …
 

Des colères dans l’assistance

Face à un discours, provocateur selon l’auteur, très américanophie, pointant du doigt le nombre de fonctionnaires, le " racket social " des cheminots lors de la grande grève de 1996, le goût pour l’État des français, la " chappe de plomb qui empêche de poser les vraies questions ", il a suscité des colères dans l’assistance. Surtout après une démonstration du journalisme-mode d’emploi où F.- O. Giesbert avait évoqué le devoir de précision. Un monsieur faisait remarquer que les médias nationaux étaient pleins de journalistes-penseurs répercutant sans cesse de fausses informations ; et de donner comme exemple le cas du guichet unique dans les CCI qui simplifie considérablement le parcours administratif des futurs chefs d’entreprises. " Il existe depuis cinq ans, il est quand même temps de le dire ; or, je vous ai entendu sur une radio répéter encore qu’il faut 2000 démarches pour s’installer ".
 

Une activité de l’instant

F.-O. Giesbert avouait n’avoir pas grand chose à dire sur le multimédia " avec lequel il nous faudra composer. Mais l’odeur du papier-journal du matin restera irremplaçable ". Espérons qu’il a entendu cet enseignant souligner la facilité avec laquelle les jeunes se sont emparés des écrans et de la souris. Celle de la dame aussi demandant : qui de la presse dans l’Europe ouverte ? Et d’autres encore toutes plus pertinentes les unes que les autres.

En attendant, on a su qu’un écrivain avait une espérance de vie plus grande qu’un journaliste condamné à 57 ans au stress et à l’alcoolisme. C’est dans les statistiques : elles sont parfois navrantes. Le journalisme est une activité de l’instant, disait-il. Gageons que l’instant quimpérois de M. Giesbert ne restera pas dans les annales de la ville.

Danièle LE PAPE,

 
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